mercredi 15 avril 2009

Lugang 鹿港 et le temple de 龍山


Nous avons visité un des plus vieux temples de Taiwan, le temple de Long Shan 龍山。La première chose qui est étonnante lorsqu'on arrive à l'intérieur c'est qu'il n'est pas repeint dans des teintes horribles style DisneyLand Paris et ça c'est agréable!!
Autre marque du temple: les réparations après le tremblement de terre meurtrier de 1999. L'arche d'entrée est complètement tombée au sol car elle n'est construite qu'en bois, mais les piliers en pierre construits par les japonais n'ont pas bougé. Heureusement, comme ça le temple est resté à peu près debout! Beaucoup d'argent a été donné pour recontruire ce temple.
Il y a des petites statues rigolotes dont la signification m'échappe complètement mais que j'aurais bien mises dans mon salon, hihihi!!
Comme j'étais avec l'ancien professeur d'anglais du lycée de Lugang, j'ai pu parler avec les gens locaux qui le connaissaient et qui venaient discuter avec lui. Il m'a d'ailleurs prise comme prétexte pour faire travailler une jeune lycéenne qui était dans le temple en tant que guide... mais là, il lui a demandé de faire la visite en anglais!!
Elle s'en est très bien sortie! Et j'ai bien aimé les moments où ils se contredisaient tous les deux, par exemple, à un moment on a regardé une tête de dragon en bois qui venait de Chine et elle a énuméré tous les animaux dont les parties du corps ont été empruntées pour imaginer le dragon, les yeux de la crevette, le corps du serpent, les moustaches humaines... Mais pour la bouche ils n'étaient pas d'accord, elle disait le chien, il disait le crocodile. Mais elle répondait non car il n'y a pas de crocodile dans le sud de la Chine, et lui disait que le chien n'était pas assez bien considéré pour constituer un animal légendaire! Bref c'était trop drôle!!Et puis il n'y avait pas grand monde, c'était calme et pour un temple c'est le mieux qu'on puisse avoir lors d'une visite. Bref ça n'a rien à voir avec le temple 龍山 de Taipei qui est tout le temps rempli de coréen, de japonais, d'américains et autres nationalités...Le meilleur moment de cette balade a été lorsqu'on a rencontré un groupe de musiciens amateurs.
On s'est assis et on a écouté de la musique d'opéra de la dynastie Tang en langue taiwanaise de la région de Fujian (sud de la Chine). Ca parlait d'une histoire d'amour entre une femme très riche et un homme plutôt pauvre qui se rencontrent et discutent pendant une journée, tout contents de s'être rencontrés, mais l'homme annonce à la fin qu'il sait qu'elle ne voudra pas de lui car il n' a pas d'argent, mais la femme lui dit qu'elle s'en fiche et qu'elle veut rester avec lui.
Bon, ça c'est une traduction du taiwanais traduit en anglais et que je vous traduis maintenant en français! ça permet quand même de se rendre compte combien la Chine est loin de la France car je n'aurais jamais cru que le ton et la manière de chanter de la femme pouvaient être en lien avec une histoire d'amour... j'ai l'impression qu'elle parle de mort ou de chagrin...Dans cette vidéo vous aurez un aperçu du ton de la chanson et un coup d'oeil sur la voûte sous laquelle nous étions assis!
 
La chanteuse était très concentrée et tenait à la main deux bouts en bois qu'elle tapait comme pour ponctuer son discours. Mais je pense que la structure du morceau ressemble beaucoup à nos récitatifs et les musiciens, comme pour le violoncelle à l'époque baroque, doivent suivre le soliste sur chaque phrase.
Peut-être que j'ai tout faux... je n'y connais tellement rien en musique chinoise, là faudrait demander à François Picard!

mardi 14 avril 2009

Le 13 avril 2007 Visite d'un jardin de thé à Sanxia 三峽 et retour en France

Grâce à Mr He, nous avons pu visiter un jardin de thé en banlieue de Taipei. C'est une fabrique de thé, si on peut appeler ça comme ça, qui existe depuis des générations.

On a fait un tour dans le jardin et Mr Huang nous a expliqué les caractéristiques des deux espèces de thé cultivées dans son jardin. Il était tout content car son fils lui avait dit qu'il avait vu la veille une luciole au milieu des plants de thé, ce qui signifie que la plantation était assez naturelle et pas trop polluée par l'environnement.
Il nous a montré du thé vert qui séchait depuis plusieurs dizaines d'heures et il nous a proposé de le regarder fabriquer le thé vert bilouchun 碧螺春. Il a donc pris à pleine main un peu du thé qui séchait et qui avait une odeur de chlorophile et ensuite il l'a passé dans un ventilateur à très haute température, voici cette machine à gauche: ensuite dans une machine à rouler et écraser les feuilles. Cette étape était trop agréable car on a pu vraiment sentir l'odeur du thé frais, ça sentait un peu le citron. Il nous a d'ailleurs expliqué que les feuiles doivent rester tenues entre elles lorsqu'on achète un biluochun, ça prouve que le thé n'est pas un mélange. En en dernier le thé est passé dans la machine à torréfier pour le sécher complètement. Enfin, on est passé du côté de la boutique et on a bu le thé préparé... quelle mémorable expérience, surtout avec un thé de cette qualité... c'était la fête des papilles quoi!!
Et puis le 14 avril fut le grand départ, pour retourner à l'IUFM et retrouver nos chers amis tous stressés par la soutenance du mémoire professionnel qui devait avoir lieu quelques jours après! Qu'est-ce qu'on s'en fichait Mélanie et moi!!!! On est passé voir Chantal à Paris dans son appartement, même si j'avais dormi pendant les 12 heures sur 13 du vol, j'étais bien fatiguée, je me souviens! Arrivée dans mon appart de Grenoble, ça m'avait fait tout bizarre de me retrouver en France après 2 semaines si intenses en découvertes culturelles, culinaires... Je me souviens que les premières heures de cours à Mounier n'avaient pas été fameuses à cause du décalage horaire, hihihi!!!

lundi 13 avril 2009

Lugang 鹿港 et la maison traditionnelle du militaire japonais

Derrière la maison au style occidental, se trouve la maison traditionnelle de ce militaire japonais si "courageux" selon les habitants de Lugang 鹿港. A l'intérieur aussi on peut voir des objets anciens mais ceux-ci concernent davantage la culture chinoise traditionnelle que japonaise.
Il y a toujours un petit détail à regarder car l'endroit a été très bien conservé, ce n'est pas comme à Kaohsiung où l'on rase les anciens villages de vétérans ou bien, on détruit une très ancienne demeure sur 裕誠路!!
Ce qui est encore plus surprenant c'est que devant la maison occidentale il y a une sorte d'esplanade d'herbe assez immense qui donne sur une place très dégagée alors que derrière, le cadre est tout différent, lorsqu'on sort de la maison traditionnelle, on est en plein dans les petites rues de Lugang!
En plus à l'intérieur c'est calme, ce qui est difficile à trouver à Taiwan! A part se réfugier dans les montagnes, il n'y a pas beaucoup de solution pour éviter les bruits de la ville ici! Mais pour répondre à André (le Lorrain) que je remercie de suivre ce blog, les motoche ne pétaradent pas dans les rues. Je ne sais pas du tout pourquoi!! peut-être que modifier le pot pour aller plus vite n'intéresse pas les jeunes taiwanais, ils préfèrent sûrement rouler très vite sur les écrans de leur ordi...? De manière générale, les véhicules roulent plus lentement qu'en France, heureusement sinon la population serait vite divisée par deux vue les pratiques de conduite taiwanaises!!! (même les taiwanais qui ont vécu à l'étranger le disent!!)
Bref allez à Lugang!!!! c'est mimi tout plein, et pour une fois qu'on peut apprécier un peu la culture traditionnelle à Taiwan, il faut en profiter!!

dimanche 12 avril 2009

鹿港 Lugang et la résidence du général japonais 辜 Koo

L'histoire de Taiwan est bien plus compliquée que je ne le pensais ! J'étais arrivée à l'idée que l'attitude des taiwanais s'expliquait en grande partie par leur passé colonial. Pour aller brièvement, je me disais que la sorte de grande dépréciation que les taiwanais ont de leur culture, de leur patrimoine et de leur Histoire provenait du fait qu'ils avaient toujours été colonisés. Les aborigènes ont vu les chinois arriver par vagues successives, ensuite les japonais appliquant une politique assez discriminatoire, ensuite encore Tchang Kaï-chek (蔣介石) qui a limité toutes les libertés dont celle de parler le taiwanais, et enfin la Chine aujourd'hui qui refuse l'existence de ce territoire en tant que véritable pays. Bon, les historiens vont s'arracher les cheveux en lisant ça, évidemment c'est du condensé-résumé à la Sabrina, mais ça me permettait de mettre un sens sur le comportement que je vois tous les jours dans mes rencontres à Kaohsiung. Jusqu'à ce que je découvre l'existence du général Koo 辜!Quel est le rapport? et bien ce japonais est un héros aux yeux des taiwanais, alors qu'il est japonais!! Ils l'ont appelé pour défendre le pays contre les attaques de l'armée chinoise qui tentait de récupérer ce territoire lors de la première guerre Sino-japonaise (ne me dites pas que vous ne la connaissez pas!! vous avez tous lu Tintin et le Lotus bleu, non? et bien cette guerre est la première des deux qui ont opposé ces deux puissances, dans Tintin c'est la 2ème (1937 à 1945)). La première guerre sino-japonaise a lieu en 1894-95 et c'est suite à la défaite de la Chine que Taiwan est cédée au japon. Donc, pendant cette guerre, personne ne voulait défendre Taiwan contre les Chinois et un général a finalement accepté cette tâche devant la demande taiwanaise. Il a réussi à repousser les chinois et est devenu une icône nationale, à tel point qu'il a obtenu le droit de construire une demeure gigantesque dans sa ville natale de Lugang! (et oui il y avait un lien avec le titre!!) Aujourd'hui j'ai passé la journée dans cette ville de Lugang 鹿港 qui se trouve à côté de Taichung 台中. On a donc commencé par la visite d'un musée qui n'est en fait que l'ancienne demeure de ce général japonais. Il avait une maison très ancienne (ci-dessus) à laquelle il a rajouté la maison au style occidental.C'est un lieu très agréable et très frais. A l'intérieur on peut admirer un mobilier japonais d'époque, car la maison a été construite en 1920 et quelques objets typiques de la culture japonaise de ces années-là sont restés sur place. Comme des calligraphies de poèmes traditionnels.
Ou bien des zhong pour le thé. Ils ne ressemblent pas du tout aux miens ceux-là!!
Mais c'est surtout un lieu où les taiwanais viennent se promener avec les enfants, et moi j'avoue que j'ai craqué quand j'ai vu ces diabolos!! j'en ai joué au moins 10 minute et puis quand j'ai vu que les autres m"attendaient... j'ai dû arrêter... sniff!

Le 11 avril 2007, balade à Xindian et rencontre d'un joueur de Qin: Majunguo 馬俊國

Premier jour de soleil durant ces deux semaines de pluie à Taiwan pour Mélanie et moi, le 11 avril 2007! Nous avions décidé d'aller nous balader dans le quartier de Xindian 新店 car il y a des jardins de thé pas loin de l'appartement de nos amis. Moi qui n'avais connu que la forêt de Fontainebleau quasiment et la forêt de Païolive, tout d'un coup, les fougères tropicales et les drôles de bruits dans les arbres m'ont sacrément étonnée! Même la forme des jardins n'est pas la même!!On a traversé des jardins de thé et les bourgeons étaient énormes! C'était la première fois que je me retrouvais dans un jardin de thé de ma vie, j'ai trouvé que ça ressemblait beaucoup aux vignes en fait, car c'est en ligne, bien taillé tous les ans et orienté de façon très réfléchi, et oui! le terroir!!! Ensuite nous avions accompagné Sylvain chez Majunguo 馬俊國, un joueur de Qin, l'instrument traditionnel chinois que vous voyez au premier plan en bas, il a été super accueillant, on a bu du thé vert, du Long Jing 龍井 dans des porcelaines qui dataient presque de la même époque que sa musique!!
C'est un Malaisien qui habite à Taipei et qui donne des cours de Qin. Il joue de la musique traditionnelle chinoise de la dynastie Tang. Il a enregistré un cd qui sonne trop bien, surtout que la pochette a été faite par la soeur de Guoying dont vous avez vu l'appartement lors du repas des rouleaux de printemps. Alors le résultat des deux mi ensemble ça fait un truc assez "perché" comme dirait Mickaël mais assez fabuleux!

vendredi 10 avril 2009

Les scooters ou l'art de se déplacer ensemble!

Les Taiwanais sont très conviviaux mais davantage encore sur leur scooter. Ca me fait bizarre de dire scooter, tellement je n'emploie plus ce mot mais plutôt sa traduction en chinois: moto(t)che 摩托車. Je ne sais plus sur quel blog français j'ai lu que les taiwanais font tout en motoche et ben, c'est très très vrai! J'en ai vu un qui transportait une table immense, un autre une montagne de carton qui faisait dix fois le volume du gars sur le motoche. La personne du blog disait qu'il avait vu des taiwanais déménager en motoche... c'est très possible! Ce qui est sûr c'est que les taiwanais aiment beaucoup se déplacer à plusieurs en scooter. Les gamins adorent ça! Même les bébés dans les bras de leur mère font des tours en scooters... côté sécurité je ne vous raconte pas... Surtout que les parents mettent souvent le casque mais ne le mettent pas à leurs enfants... trop bizarre!! Un truc rigolo aussi, Victor m'a quand même dit que les taiwanais adoraient aller à l'île verte 錄島 car c'est un des seuls endroits où l'on peut faire du scooter sans casque, ben oui, vu qu'il n'y a quasiment pas d'habitant, il y a encore moins de flics, donc pas de casque!!! Mais à Taiwan, rares sont les exclus du motoche, ils trouvent toujours une solution pour monter dessus, les jeunes comme les vieux! Ainsi il y a des places pour scooters de personnes handicapées, souvent ce sont des gens qui marchent avec une canne ou bien qui ont un plâtre, ou bien ce sont les personnes âgées. Beaucoup de personnes ont des problèmes aux jambes à Taiwan, je ne sais pas trop pourquoi!ça c'est le modèle pour fauteuil roulant; et c'est génial car toute la famille monte dessus plus les amis et compagnie... Ne me demandez pas comment ça se conduit, je n'en sais rien du tout. Mais ça ressemble à un side-car version scooter quoi!
Il y aussi la version avec carriole derrière. Sur cette photo la carriole sert à récupérer les déchets à trier et les revendre. Cette femme passe sa matinée dans mon quartier à faire ça avec son petit motoche qui semble électrique, mais je ne suis pas sûre.Il y a aussi les ancêtres des motoche sur le bord de la route, des motoche qui ont servi de boutique ambulante durant un temps et qui servent de sièges dans la rue maintenant, un peu comme ce vélo:Moi je vous le dis tout de suite, je préfère le vélo, car je n'ai pas de permis, ni français, ni international. Mais Beaucoup d'étrangers roulent sans permis, alors qu'on peut le passer à Taiwan car ici, il est en anglais. Cependant on ne peut demander le permis que si on a une carte de résident, donc un permis de travail ou bien on suit des cours de chinois. La plupart des étrangers que je connais (je ne citerai pas les noms n'ayez pas peur!! hihihih!!) roulent sans licence. Pourquoi?
Parce que c'est inutile à Kaohsiung, lorsque la police arrête un blanc, elle ne veut pas s'embêter à parler anglais, alors elle le laisse partir, même quand celui-ci sort de boîte et grille un feu rouge, n'est-ce pas Manouchka? (désolée j'ai cité un nom, mince alors!!!).Moi je préfère donc le vélo, car j'ai en plus, beaucoup moins de chance d'avoir un accident et le vélo est tout aussi convivial que le motoche car ici ils font des modèles avec selle pour enfant incorporée!!Et puis surtout, sur MON vélo (qui est en fait celui de la mère de Victor) il y a le porte-gobelet!! et ben, ça, c'est inutile en France mais indispensable ici!! Et ne me dites pas le contraire, car comment résister à un jus de fruit de la passion frais ou de mangue à 80 centimes d'euros?? Les taiwanais ont aussi le sens de la récup, et un vieux vélo abandonné peut faire office de fixation pour affiche!
Et puis truc tout nouveau, il y aussi vélov ou vélib comme vous voulez, à Kaohsiung!!!
C'est pas trop rigolo ça?

mercredi 8 avril 2009

8 avril 2007: la demeure des Lin, le mausolée de Tchang Kaï-chek et Banciao

Je continue mon aventure archéologique car je ne fais rien de spécial à Kaohsiung en ce moment alors il vaut mieux que je vous raconte mon voyage à Taiwan que ma vie quotidienne à Wenzao!
Le 8 avril nous avions eu une journée assez longue car nous avions été nous balader un peu de partout. On avait commencé par la demeure de la famille des Lin.
J'y suis retournée avec Emilie en août donc vous avez déjà vu ce lieu dans mon blog, mais là, j'ai mis les photos de 2007. A l'époque c'était encore moins entretenu alors que maintenant c'est un lieu encore plus agréable car tout a été bien restauré.
Comme d'habitude il avait plu, je m'étais d'ailleurs faite dévorer par des moustiques qui rentraient par le bas de mon pantalon, l'horreur!
Ensuite nous étions allés au mémorial de Tchang Kaï-chek sous la pluie et on avions assisté à la relève de la garde. J'avais l'impression d'être à Londres, au Buckingham Palace à 11h30, où tous les touristes se pressent d'aller voir les soldats à cheval faire la cérémonie officielle. Là aussi les soldats font "mumuse" avec leur fusil de décoration et font résonner leurs talonnettes. Bref, c'est rigolo une fois mais pas deux!
Enfin, nous avions été voir Mr Chen pour lui acheter du thé, d'ailleurs ce thé a fait 20 000km car je l'ai ramené avec moi de France, mais qu'est-ce que je ne ferais pas pour du 鐵觀音 ou du 高山!!!!